Melun, 2 avril 2015. Jean-Jacques Barbaux était président du conseil départemental de Seine-et-Marne depuis trois ans. LP/Marion Kremp

Le conseiller départemental de Fontenay-Trésigny est décédé brutalement, ce dimanche matin, dans le Jura. Les élus seine-et-marnais rendent un hommage unanime à celui qui voulait donner de la grandeur au département.

Sa large carrure ne trônera plus dans l’hémicycle du conseil départemental. Sa voix grave ne tonnera plus dans un de ces vifs débats qu’il avait avec l’opposition. À 65 ans, Jean-Jacques Barbaux, le président (LR) du département, est mort ce dimanche matin, victime d’une crise cardiaque dans son havre de paix, le Jura. Il a été pris d’un malaise après avoir déposé ses petits-enfants à l’école de ski, aux Rousses.

Depuis trois ans, ce proviseur à la retraite, ancien maire de Neufmoutiers-en-Brie pendant vingt-six ans, multipliait les déclarations et les initiatives pour arriver au but qu’il s’était fixé : donner de la grandeur à la Seine-et-Marne. En refusant par exemple, avec ses collègues d’Ile-de-France, la possible disparition des départements et en s’opposant à une dilution des villes nouvelles dans la métropole. En développant le tourisme et l’accueil de nouvelles filières, également.

« Il a réorienté la politique du département vers les zones rurales et en investissant dans la réfection du réseau routier, salue son compagnon de route en politique, le député (LR) Christian Jacob. Il a aussi redressé les finances de la Seine-et-Marne. »

« Son amour immodéré pour la Seine-et-Marne »

Ce père de quatre enfants avait en effet choisi de s’attaquer au désendettement du département. Tout comme il avait mis en place une politique de contrôle des chômeurs au RSA et mis l’accent sur l’aide aux agriculteurs. Des choix décriés par l’opposition qui, via Vincent Eblé (PS) souligne son « engagement pour le département. Il a toujours mis beaucoup d’énergie pour la Seine-et-Marne. Il a fait le job (sic) », estime le sénateur.

« J’avais apprécié son engagement sur le terrain au moment des inondations de 2016 », met en avant l’ancien Premier ministre Manuel Valls (PS). « Nous n’oublierons pas son engagement démesuré en faveur de nos territoires, des principales villes aux plus petits villages, et son amour immodéré pour la Seine-et-Marne et son avenir », louent les sénateurs (LR) Anne-Chain Larché, Claudine Thomas et Pierre Cuypers.

L’ouverture d’une enquête préliminaire sur la construction de sa piscine, il y a deux ans, n’a pas réussi à entacher l’image de cet homme décrit comme « spontané, généreux, affable, plein d’humour, chaleureux, disponible et proche des gens ».

Un œil attentif sur la jeunesse et le handicap

« Il s’intéressait vraiment aux enfants, se souvient Medhi Azzam, ancien secrétaire départemental de la FCPE. Et il était attentif au sujet que l’on évoquait avec lui. C’était vraiment plaisant d’échanger avec lui. »

Il s’était installé en Seine-et-Marne en 1977, après avoir passé sa jeunesse à Lyon (Rhône), Lons-le-Saunier (Jura) et Dijon (Côte d’Or). Juriste de formation, il prend la tête d’un centre médical et pédagogique pour adolescents handicapés à Neufmoutiers-en-Brie. Il devient ensuite proviseur, notamment du lycée Thibault-de-Champagne, à Provins.

En 1998, il est élu conseiller général où il sera notamment responsable de l’enseignement et des collèges jusqu’en 2004. Tout au long de son parcours politique, Jean-Jacques Barbaux a eu un œil attentif sur la jeunesse et le handicap. « Son nom rimait avec engagement, dévouement et fidélité, de l’éducation nationale à la politique », salue d’ailleurs la présidente de la région, Valérie Pécresse (LR).

« C’est une perte irremplaçable, insiste Jean-François Copé (LR). C’était un homme de conviction qui ne se laissait pas imposer des idées convenues. »

L’intérim sera assuré par le premier vice-président, Jean-Louis Thieriot (LR), qui s’incline devant un « modèle d’élu de terrain, enraciné dans son terroir, aimant les gens et habité par les valeurs de République ». Jean-Jacques Barbaux sera inhumé à Neufmoutiers-en-Brie. Une cérémonie est également prévue à Provins. Les dates n’ont pas encore été fixées.

De nombreux autres personnalités de droite comme de gauche ont salué la mémoire de Jacques Barbaux. Notamment sur les réseaux sociaux, à l’instar des députés Yves Jégo (UDI) et Olivier Faure (PS).

« L’infinie tristesse » d’Yves Jégo

Yves Jego

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« La même volonté de servir » le département, selon Olivier Faure

Olivier FAURE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Faustine Léo

(Source : le Parisien - Edition 77 Nord - 26 février 2018°