Chelles, le 15 novembre 2017. L’ex directeur général de la filiale française de la société Numatic international, spécialisée dans la vente de matériel de nettoyage industriel basée à Chelles, a été condamné en octobre dernier à deux ans de prison dont un ferme et plus de d’1,1 million d’euros de dommages et intérêts. LP/Hendrik Delaire

L’ancien directeur général de la société Numatic international basée à Chelles a été condamné en octobre à deux ans de prison, dont un ferme, pour le détournement de 1,1 million d’euros des comptes de la multinationale.

C’est un nouveau rebondissement dans le feuilleton judiciaire qui oppose la société Numatic international basée à Chelles à Loïc F., son ex-directeur général. La cour d’appel de Paris a condamné le 17 octobre dernier l’ancien dirigeant de la filiale française de cette multinationale britannique spécialisée dans la vente de matériel de nettoyage industriel à deux ans d’emprisonnement dont un ferme, pour abus de biens sociaux, abus de confiance, usage de faux et complicité d’escroquerie entre 2007 et 2009.

Son ancien employeur l’accuse d’avoir détourné près de 1,1 million d’euros des comptes de la société vers plusieurs autres entreprises tierces qu’il a fondées -et donc presque toutes ont déposé le bilan depuis. Il a aussi réglé des dépenses personnelles notamment des nuits dans des grands hôtels parisiens.

En 2009 suite à un audit, Loïc F. est démis de ses fonctions à la tête de la filiale française qu’il a fondée puis dirigée depuis 1994. Également sur le banc des prévenus sa secrétaire de direction accusée d’avoir détourné près de 55 000 euros en utilisant une carte bancaire de la société pour des dépenses personnelles.

Après six ans de procédure, le patron est relaxé en mai 2015 par le tribunal correctionnel de Meaux. Le parquet fait aussitôt appel. Dans son arrêt du 17 octobre, la Cour d’appel de Paris est allée à l’encontre du jugement de 2015 et a également condamné Loïc F. à payer plus de 1,1 million d’euros de dommages et intérêts. 

« La sévérité de cette condamnation à l’égard d’une personne dont le casier judiciaire était vierge avant cette affaire montre l’ampleur des détournements », insiste Me Philippe Gumery, avocat de Numatic.

« La partie civile a inversé la charge de la preuve. Ce n’est pas à mon client de prouver qu’il n’a pas commis ces faits mais bien à l’accusation de démontrer sa culpabilité », explique Me Corinne Chene-Havas, avocate de l’ancien directeur du groupe qui s’est pourvu en cassation.

« Je respecte la décision de justice mais je ne m’attendais pas un jugement aussi sévère. La preuve du détournement n’a pas été apportée et ma hiérarchie était au courant de ces mouvements d’argent. Comment aurais-je pu faire disparaître une telle somme d’argent en deux ans sans que personne ne s’en rende compte ? Numatic a été condamné par les Prud’hommes à me verser 880 000 euros pour licenciement abusif en 2009 », se défend Loïc F. qui, âgé de 56 ans, vit désormais dans le sud de la France.

« Que j’aie raison ou pas, ils ont de toute façon bousillé ma vie et celle de ma famille après dix ans de bataille judiciaire. Il m’est impossible de retrouver du travail dans mon domaine et il est trop tard pour changer de voie mais je me battrai jusqu’au bout pour prouver mon innocence ». Le pourvoi de Loïc F. sera étudié au plus tôt courant 2018 par la Cour de cassation.

Hendrik Delaire

(Source : Le Parisien - Edition 77 Nord - 21 novembre 2017)