Chelles, le 11 septembre. Membre fondateur du skatepark Cosa Nostra, Mathias Thomer espère que l’extension du bowl permettra au site d’accueillir les épreuves de skate lors des JO 2024 à Paris. LP/Hendrik DelaireL’association Tribe skateboard club et la municipalité de Chelles ont décidé l’extension du skatepark Cosa Nostra avec l’espoir d’accueillir les épreuves de skate au JO 2024 de Paris.

« L’extension de notre skatepark, c’est comme si, en natation, nous passions d’un bassin de 25 m à un bassin olympique ». C’est à dessein que, quelques jours après l’annonce officielle de l’obtention des JO 2024, Mathias Thomer, président et membre fondateur du skatepark Cosa Nostra à Chelles, fait cette comparaison.

Le skateboard rejoindra le club des disciplines olympiques dès les Jeux de Tokyo en 2020. Et si les sites des JO de 2024 ont été arrêtés, ce n’est pas le cas du skateboard. La municipalité et l’association Tribe skateboard club, qui exploite le site, ont décidé d’agrandir le « bowl » (voir encadré) et de faire acte de candidature auprès du Comité international olympique (CIO) pour accueillir ces épreuves.

 « En extérieur, le bowl passera de 300 m² à 800 m². Notre skatepark atteindra la superficie d’un terrain de tennis », explique Mathias Thomer. Coût du chantier d’agrandissement : 800 000 euros financés par le Centre national pour le développement du sport (CNDS), le conseil régional, le conseil départemental, la municipalité et la marque de chaussures de skate Vans. « C’est à peine le coût de construction d’un terrain de foot synthétique », indique le président du club, qui espère voir sortir ce nouveau module de terre fin 2018 ou début 2019.

 Chelles, juin 2017. La municipalité et l’association Tribe Skateboard club ont décidé l’agrandissement du « bowl » du skatepark Cosa Nostra afin d’appuyer la candidature de l’équipement pour accueillir les épreuves de skate aux JO 2024. Cosa Nostra. Une infrastructure qui vient s’ajouter aux 2 000 m² existants sur le site pour évoluer dans la catégorie « street ». « Dans cet espace couvert nous pouvons déjà organiser des compétitions internationales de haut niveau. Nous avons toute la place ! », assure Mathias Thomer.

Seule ville concurrente déclarée pour le moment, Biarritz s’est déjà positionné pour organiser les épreuves de surf et guigne aussi le skate. Pour l’emporter le skatepark chellois s’inscrit dans le sillage de la base nautique de Vaires toute proche, où se dérouleront les épreuves de canoë, kayak et aviron.

Chelles, février 2017. C’est dans cet espace de 2000 m² où s’entraîne Charlotte, championne de France 2017 de street licenciée au club, que les membres du skatepark Cosa Nostra souhaitent organiser les épreuves de skate des JO 2024.« La gare de Chelles qui sera desservie par les trains du Grand Paris Express est déjà olympique. Le dossier de candidature du site a été transmis à la région Ile-de-France et le président du conseil départemental Jean-Jacques Barbaux (LR) l’avait sous le bras à Lima », s’enthousiasme Brice Rabaste (LR) le maire de Chelles.

« Nous sommes idéalement placés entre le village olympique à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), l’aéroport Roissy Charles de Gaulle et l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Insep) à Paris », renchérit Mathias Thomer.

Autres atouts : le statut de centre technique national obtenu au début de l’année par le skatepark et la dimension raisonnable du chantier. « Nous ne construisons pas cet équipement uniquement pour rider quatre heures dans sept ans mais pour faire découvrir notre sport. Nous ne voulons pas d’un skate park gigantesque qui finisse comme certaines pistes de bobsleigh fantômes à travers le monde », insiste Mathias Thomer, qui espère pouvoir organiser rapidement l’étape européenne du circuit mondial du Vans pro skate park series.

L’occasion de voir les meilleurs skateurs du monde à l’œuvre, comme la locale de l’étape Charlotte Hym, championne de France de street en 2017, et peut-être susciter des vocations pour 2024.

« On trouvera peut-être le champion de demain mais l’important c’est que les jeunes du territoire puissent venir y découvrir le skate et profiter de ce spot. Il est essentiel qu’ici le skate garde ses valeurs de liberté, où la compétition et la performance ne sont pas primordiales », insiste Mathias Thomer.


Des compétitions dans les catégories «bowl » et «street »

Lors de la compétition olympique, les skateurs s’affronteront dans deux catégories d’épreuve différentes : le «street » où un ensemble d’obstacles reproduit les conditions du skate dans la rue et le «bowl », où les riders enchaînent les tricks dans des modules similaires à des piscines vides.

Dans les deux disciplines les riders sont notés sur la difficulté technique des figures réalisées, l’amplitude de leurs mouvements, l’engagement et la variété des zones du parcours. En tout ce sont quarante skateurs et autant de skateuses qui devront se qualifier, répartis à parts égales entre le street et le bowl. Chacun des cinq continents ne pourra qualifier que quatre athlètes par épreuve et par sexe.


 Hendrik Delaire

(Source : le Parisien - Edition 77 Nord - 20 septembre 2017)