Nicole Bricq, sénatrice (La République en marche) de Seine-et-Marne et ex-ministre de François Hollande, le 17 juin 2017 à Paris (AFP/Bertrand GUAY)La sénatrice (ex-PS, LREM) est décédée ce dimanche matin, suite à une chute dans un escalier, dans sa maison de famille de Charente.

Sa compétence a toujours fait l’unanimité. Sa personnalité, parfois âpre, toujours dans l’exigence, un peu moins. Peu importe, elle suivait sa route, sûre d’elle. Nicole Bricq, sénatrice ex-PS passée chez LREM, ministre de l’Ecologie et du Commerce extérieur de François Hollande, est décédée ce dimanche matin, à l’hôpital de Poitiers (Vienne), à 70 ans.

Elle a chuté accidentellement dans un escalier, dans sa maison de famille, en Charente, où elle se reposait avec son compagnon, l’ancien maire (PS) de Chelles, Jean-Paul Planchou. Celui-ci, « choqué » a préféré ne pas s’exprimer.

« Nicole Bricq était une femme libre, au grand sens de l’État. Cette amie engagée nous manquera beaucoup », a tweeté le président de la République Emmanuel Macron, qu’elle a rejoint aux premières heures de son épopée, séduite par « ses capacités intellectuelles exceptionnelles ».

L’intelligence de Nicole Bricq est aussi à mettre en exergue, elle qui maniait la fiscalité aisément, ce qui lui a valu d’être la première femme à être nommée rapporteur général du budget au Sénat, en 2011. Sur le terrain, en tant que ministre ou parlementaire, elle manifestait toujours un vif intérêt pour les gens qu’elle rencontrait et connaissait toujours ses dossiers sur le bout des doigts.

 Elle assurait avoir mille projets en tête

Écartée de la liste LREM pour les sénatoriales il y a une semaine, elle assurait, avec son énergie habituelle, avoir mille projets en tête. Tout en laissant planer une petite pointe d’amertume. « Quand elle s’est aperçue que le chemin se refermait, elle a tourné la page, assure le sénateur Vincent Eblé (PS). Elle n’était pas dans la complainte. Même si elle savait être cinglante à l’égard des gens dont elle contestait la justesse des analyses. Intellectuellement brillante, elle n’était jamais dans l’à-peu-près ou le faux-semblant. »

« Je garde des souvenirs inépuisables de ses colères, de ses enthousiasmes et de ses engagements », salue le député (PS) Olivier Faure, qui espère qu’un hommage lui sera rendu dans le département à la rentrée.

Arnaud de Belenet, qui a pris la tête de la liste LREM, fait fi de leurs derniers désaccords. « Je pense exclusivement à ses proches et à sa famille. Je sais ce que c’est, compatit-il. Il y a des événements qui transcendent tout. Aujourd’hui, tout le reste est accessoire. »

L’hommage de ses adversaires politiques

Ses adversaires politiques ne tarissent ainsi pas d’éloges. « Le département perd une femme de conviction qui a mis son énergie au service du département et de la France », insiste la sénatrice (LR) Anne Chain-Larché.

« Malgré nos divergences politiques, il me faut reconnaître que son nom restera attaché à la Seine-et-Marne qu’elle a servie durant 35 ans », appuie le président du conseil départemental (LR) Jean-Jacques Barbaux.

Son adversaire aux élections législatives en 1997, aux municipales à Meaux, puis de nouveau aux législatives de 2002, Jean-François Copé (LR) a fait part de « son émotion intense. Lorsque j’étais ministre du Budget (NDLR : entre 2004 et 2007), j’avais salué sa compétence à la commission des finances du Sénat et je sais qu’elle saluait mon travail à Meaux. Il y avait un respect et une estime mutuels. »

Nicole Bricq sera inhumée dans les jours qui viennent à La Rochefoucauld (Charente), sa ville natale.


D’autres réactions en Seine-et-Marne

Amis ou adversaires politiques, de nombreuses personnalités politiques ont réagi à la disparition brutale de la sénatrice à l’âge de 70 ans.

NDLR : Nicole Bricq a dû céder sa place de tête de liste LREM aux sénatoriales à Arnaud de Belenet

Yves Jégo, ancien ministre et député UDI de la 3ecirconscription de Seine-et-Marne (via Twitter) : « Peiné par le décès tragique de Nicole Bricq, parlementaire engagée du 77. J’adresse à son mari et aux siens mes sincères condoléances. »

Eduardo Rihan Cypel, ex-député PS de la 8ecirconscription de Seine-et-Marne (via Twitter) : « Très triste et choqué d’apprendre la disparition brutale de Nicole Bricq. Sans mots… »

Juliette Méadel, ancienne ministre et candidate PS aux dernières législatives dans la 10e circonscription de Seine-et-Marne (via Twitter) : « Je suis si triste d’apprendre la mort de mon amie Nicole Bricq. Une vraie politique, combattante, énergique, sincère et travailleuse. Elle s’est battue contre les lobbies et le conformisme. Sans jamais baisser la garde. Je pense à ses proches. Elle va nous manquer. »

Béatrice Abollivier, préfète de Seine-et-Marne (via Twitter) : « Une grande sénatrice de Seine-et-Marne qui nous quitte. Très grande tristesse et beaucoup d’émotions. »


Faustine Léo

(Source : Le Parisien - Edition 77 Nord - 06 août 2017)