Chelles, ce jeudi. Membres de l’Association pour le musée des transports urbains, interurbains et ruraux (Amtuir), Patrick Kirstetter (à droite) et Christian Cierniak (à gauche) veulent rendre le musée plus vivant en ouvrant les portes aux visiteurs une fois par mois. LP/Hendrik DelaireInstallé à Chelles depuis 2008, le musée des transports urbains de France, qui n’ouvrait que deux fois par an, va désormais accueillir le public chaque troisième samedi du mois pour permettre d’admirer sa collection de 70 véhicules uniques.

« Nous voulons un musée vivant qui ne s’adresse pas qu’aux passionnés mais aussi au grand public ». Tout comme Patrick Kirstetter, la quarantaine de bénévoles veulent voir sortir le musée des transports urbains de France de Chelles d’une période qui dure depuis trop longtemps à leur goût. Arrivé à Chelles en 2008 après avoir été ballotté d’un site à l’autre au gré des déménagements entre Malakoff (Hauts-de-Seine), Saint-Mandé (Val-de-Marne) et Colombes (Hauts-de-Seine), le musée n’ouvrait jusqu’alors ses portes au public que deux fois par an à l’occasion de la Nuit des musées et des Journées européennes du patrimoine.

Mais à partir de ce samedi, le musée va désormais ouvrir ses portes une fois par mois pour permettre aux visiteurs de découvrir son incroyable collection. « En 2016 nous avons reçu près de 4 000 visiteurs ainsi que des enfants des écoles de Chelles mais ils ne venaient que dans le cadre de visites organisées sur réservations avec des associations », explique Christian Cierniak administrateur et responsable de l’Association pour le musée des transports urbains, interurbains et ruraux (Amtuir).

Chelles, ce jeudi. LP/H.D.En tout, ce sont 69 bus, trolleybus et tramways en service de la fin du XIXe siècle jusqu’en 1988, à Paris ou en province, ainsi qu’une rame de métro prêtée par la RATP, qui sont exposés dans les 5 000 m² de cette ancienne usine de tôlerie.

Parmi ces véhicules, des modèles mythiques comme la motrice n° 1 du tramway de Versailles (Yvelines), les bus TN mis en service dans les années 1930 ou encore la motrice Mékarski n° 22 qui fonctionnait à l’air comprimé. Des véhicules parfois plus connus sous leur surnom de « chausson », « nez de cochon » ou de « Sioux ».

Chelles, ce jeudi. LP/H.D.Des pièces de collection très rares, parfois uniques, données gracieusement par les compagnies de transport urbain ou acquises et stockées par les membres de l’association depuis sa création.

« L’Amtuir est une association loi 1901 qui s’est créée en 1957 à la fin de la circulation des tramways de Versailles. Ce jour-là, parmi les nombreux nostalgiques venus, il y avait même Maurice Chevallier », relate avec passion Christian Cierniak, qui fut chauffeur de bus de la RATP de 1964 à 1988.

Objectif des membres l’association : préserver ce patrimoine témoin des évolutions de la société et restaurer ces véhicules anciens dans l’atelier. « A chaque fois qu’un nouveau moyen de transport est lancé, il est inauguré en grande pompe par un ministre ou une personnalité, comme Mireille Darc pour le RER. Mais quelques décennies plus tard, on les envoie à la casse », déplore Christian Cierniak.

« Les transports urbains ont toujours boosté le progrès technique et font partie de l’histoire de nos parents et nos grands-parents. Il faut donc conserver leur mémoire au même titre que Picasso, la littérature, la photographie ou l’architecture », ajoute-t-il.

Les membres de l’Amtuir espèrent que les visites vont faire des émules et susciter des vocations de bénévoles pour continuer à développer le musée.

Ils comptent y exposer bientôt de nouveaux objets issus de leurs archives comme des notices techniques, des plans de réseaux, des uniformes et des sacoches de contrôleurs ou encore d’anciens oblitérateurs de ticket.

Ce samedi de 10 heures à 18 heures au Musée des transports urbains, interurbains et ruraux de France, 1, rue Gabriel Mortillet. Navettes gratuites depuis la gare RER de Gournay-Chelles.

Hendrik Delaire
(Source : Le Parisien - Edition 77 Nord - 14 juillet 2017)