Illustration du commissariat de Chelles. Le parquet avait requis l’incarcération d’un des trois prévenus. LP/Alexandre Arlot

Ambiance tendue, lundi, au tribunal correctionnel de Meaux. Mais c’était sans commune mesure avec celle qui régnait dans les cellules de garde à vue du commissariat de Chelles, jeudi dernier. « C’était un capharnaüm », a décrit la commissaire Lætitia Berkane, présente au procès de trois jeunes de 18 et 19 ans, habitant Chelles et Le Pin, jugés pour transport d’armes, violences, outrages et menaces de mort.

Le seul à comparaître dans le box a été condamné à six mois de prison ferme et à la révocation de deux autres mois, prononcés antérieurement. Il a échappé à l’incarcération immédiate, réclamée par le parquet. Les deux autres ont écopé de cinq mois ferme et trois mois avec sursis mise à l’épreuve.

« Ils ne nous avaient pas donné à manger », a assuré, véhément, le principal prévenu, pour justifier les insultes proférées à l’encontre de policiers, dont la commissaire. Une version démentie par cette dernière, qui a décrit un comportement « hystérique » : « Ils ont jeté les verres d’eau qu’on leur a apportés. Ils criaient et tapaient tellement fort sur les portes que des gens attendant à l’accueil ont quitté le commissariat ».

Le prévenu avait été interpellé, la veille, à Vaires-sur-Marne, alors que la police intervenait pour empêcher une rixe. Il se trouvait, avec cinq autres personnes, à bord d’une voiture, dans laquelle ont été retrouvés un couteau, un poing américain, une barre de fer, un cric, un extincteur et un brise-vitres. Dans sa cellule de garde à vue, il s’est battu avec un policier. Son avocat Me Jean-Louis Granata a reconnu qu’ils avaient « la parole plus rapide que le neurone » et qu’ils ne « supportent pas la frustration » : « Mais cela ne s’est pas passé aussi régulièrement qu’on veut bien vous le dire ».

Guénaèle Calant

(Source : Le Parisien - Edition 77 Nord - 07 mars 2017)