Chelles, jeudi 29 décembre 2016. Dorothy Malherbe dirige l’Étoile Cosmos depuis 2011. Le cinéma a enregistré plus de 70 000 entrées en 2016. LP/A.A.

« Les gens ont repris le chemin du Cosmos », se félicite Dorothy Malherbe. Directrice du cinéma Étoile Cosmos de Chelles depuis 2011, la trentenaire peut être satisfaite : avec plus de 70 000 entrées en 2016, l’établissement a battu son record de fréquentation établi en 2014. Il y a encore cinq ans, le cinéma ne réalisait « que » 50 000 entrées.

Depuis cette date, des travaux de rénovation de la façade et du hall ont été entrepris et les deux salles de 315 et 285 places sont passées au numérique. L’année 2015, traversée par les attentats de janvier et novembre, avait marqué un coup d’arrêt dans la progression du nombre de spectateurs. « Cette année, il y a eu un regain de fréquentation chez les scolaires », note Dorothy Malherbe.

Les plus jeunes constituent une part importante des spectateurs de l’Étoile Cosmos : sur les dix longs-métrages les plus vus en 2016, les huit premiers sont des films d’animation, avec en tête « Zootopie », « Les Trolls » et « Kung-fu panda 3 ». « Notre public est principalement familial, ce sont des parents qui viennent avec leurs enfants », reconnaît la directrice. Qui réussit à constituer une programmation mêlant cinéma grand public et œuvres plus confidentielles… au risque de laisser une grande partie des fauteuils vides.

« Le cinéma art et essai, c’est celui que j’ai envie de défendre, confie celle qui doit son prénom à l’actrice américaine Dorothy Malone. J’ai pris la Palme d’Or de Ken Loach (NDLR : « Moi, Daniel Blake ») en sortie nationale. Lors de certaines séances, il y avait moins de dix spectateurs. Ce film m’a bloqué une salle pendant une semaine. » Cette année, les séances d’art et essai ont donc été « ritualisées » le jeudi soir et le lundi après-midi.

Parmi les nouveautés attendues cette année, la directrice du cinéma évoque « la programmation de spectacles live, des concerts, de l’opéra ou de l’humour » ainsi que la mise en place de séances « jeunes parents », lors desquelles ces derniers pourraient suivre le film tout en changeant bébé sur une table à langer. Le déménagement vers des locaux plus étendus n’est, lui, pas à l’ordre du jour de 2017. « Nous cherchons un lieu avec la mairie, souligne Dorothy. Si on veut augmenter significativement la fréquentation, il nous faut au moins cinq salles. »

Alexandre Arlot
(Source : Le Parisien - Edition 77 Nord - 04 janvier 2016)