Chelles, lundi 24 octobre. Plus d’une centaine de migrants relogés dans deux hôtels de Chelles dépendent de l’aide alimentaire distribuée par un groupe de bénévoles qui leur distribuent des repas quasiment tous les soirs. LP/H.D.

Nuit de maraude avec les bénévoles
au secours des migrants

Le ventre tenaillé par la faim, ils sont plusieurs dizaines à affluer dans le calme vers les repas et les provisions apportés par la poignée de bénévoles. Ce lundi comme tous les soirs, la centaine de migrants hébergés dans ces deux hôtels d’une zone d’activités de Chelles doivent compter sur l’aide de quelques bénévoles pour manger à leur faim. Afghans, Syriens ou encore Soudanais et Somaliens… Ils sont plus d’une centaine à avoir été relogés là après leur évacuation d’un camp parisien le 16 septembre dernier.

« Ils ont été mis à l’abri ici par le Samu social de Paris, qui prend en charge leur hébergement mais quasiment pas leur alimentation. Les colis et les chèques alimentaires arrivent au compte-gouttes », confie Marie*, une bénévole qui vient en aide aux migrants hébergés dans les communes environnantes. Tout comme elle, une dizaine de personnes se sont mobilisées en dehors de tout cadre associatif pour parer à l’urgence de la situation. Qu’elles soient assistante notariale, agent immobilier, étudiante ou encore mère au foyer, chacune prend sur son temps libre pour préparer et distribuer les repas.

Des bénévoles qui n’hésitent pas à acheter la nourriture à leurs propres frais, quitte à se mettre dans le rouge à la fin du mois ou à se lever au beau milieu de la nuit. « Un jour, quatre familles ont appris en pleine nuit qu’elles étaient déplacées à Mouroux. Nous sommes venus avec nos voitures pour les y amener et éviter qu’elles se retrouvent à la rue », raconte Ouassila.

Ce soir-là, elles auront distribué 70 repas, tout en essayant tant bien que mal de communiquer avec les migrants pour savoir de quoi ils ont besoin. « Depuis deux mois, je ne reçois plus mon allocation pour demandeur d’asile (ADA) de 6,80 € par jour », essaie d’expliquer Mohammad dans un français balbutiant avec l’aide d’un camarade qui s’improvise interprète. Si certains sont reconnaissants de l’hospitalité de l’Etat français, d’autres ne comprennent pas pourquoi leur prise en charge est aussi compliquée. « Il est aussi difficile pour moi de trouver à manger en France qu’en Somalie. Dans mon pays, j’étais journaliste mais j’ai dû fuir car j’étais menacée par les shebabs. Je suis enceinte mais malgré cette situation j’ai énormément de mal à obtenir mon statut de réfugié », proteste Khadra.

Hendrik Delaire

(Source : Le Parisien - Edition 77 Nord - 1er novembre 2016)

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