Champs-sur-Marne, octobre 2015. Officiellement, le député socialiste Emeric Bréhier évoque des raisons personnelles pour justifier son retrait de la vie politique. (LP/G.P.)

Emeric Bréhier (PS) ne sera pas candidat
aux législatives en 2017

Stupeur et tremblements chez les socialistes de la 10e circonscription de Seine-et-Marne. Les militants ont appris le 25 avril dernier, par le biais d’un courrier, que leur député, Emeric Bréhier (PS), ne serait pas candidat à sa propre succession l’année prochaine, lors des élections législatives qui auront lieu les 11 et 18 juin 2017.

« Tout au long de ces quatre années, je me suis investi avec entrain et bonheur dans ce mandat parlementaire », écrit le député dans sa lettre. « Notre circonscription est une bonne circonsription pour la gauche et le parti socialiste. (...) Quel que soit le résultat en mai 2017 (NDLR : à l’élection présidentielle), notre famille politique a de réelles chances de conserver cette circonscription. »

Pourtant, indique-t-il un paragraphe plus loin, « je ne solliciterai pas ton suffrage pour une nouvelle candidature ». Une décision « pas facile à prendre » qui a « tout à voir avec la vie personnelle ». « J’ai deux jeunes enfants, j’ai envie de passer du temps avec eux », précise le député.

C’est peu dire que cette nouvelle en a surpris et abattu plus d’un parmi les sympathisants. « Il y a comme un sentiment d’abandon de la part des militants qui ont fait campagne pour lui en 2007 et 2012. Alors que la situation pour la gauche est plus critique que jamais, on a un peu l’impression qu’il nous laisse en plan », confie l’un d’eux.

« J’ai conscience que cette décision personnelle pourra provoquer quelques incompréhensions, voire même quelques déceptions. Mais (...) je sais que le Parti socialiste sera dignement représenté dans cette circonscription », ajoute le député dans sa lettre.

Une membre du gouvernement pour lui succéder ?

Oui, mais par qui ? C’est bien sûr la question qui est désormais sur toutes les lèvres. « Une règle non écrite du parti prévoit que si un député sortant ne se représente pas, son successeur doit être une femme », précise Nicolas Delaunay, élu PS à Lognes. Une règle qui, selon diverses sources, serait propice au parachutage d’une membre du gouvernement. Les trois seules qui ne sont pas déjà parlementaires sont Myriam El-Khomri, Audrey Azoulay et Juliette Méadel.

C’est le nom de cette dernière, nommée en février dernier secrétaire d’État chargée de l’Aide aux victimes, qui bruisse le plus. Cette énarque de 42 ans, également avocate inscrite au barreau de Paris, devrait être parachutée à Noisiel. Une information que refuse de confirmer Emeric Bréhier, selon qui « le processus de désignation aura lieu à l’automne ».

Quant à son avenir, Emeric Bréhier se borne à répondre qu’il ne vivra plus « en Ile-de-France ». Jusqu’à quand siégera-t-il au conseil municipal de Chelles et à la communauté d’agglomération Paris - Vallée de la Marne ? « Je le ferai savoir le moment venu », répond-il, laconique.

Grégory Plesse

(Source : Le Parisien - Edition 77 Nord - 9 mai 2016)